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La formation des cours de bourse         
      Une affaire d'opinion
   L'évolution du cours de bourse d'une valeur traduit l'évolution du rapport de force entre les acheteurs et les vendeurs de cette valeur. Ce rapport de force évolue au fil des anticipations du marché : si davantage d'investisseurs ont des anticipations favorables sur l'entreprise, la demande de titres s'élèvera (de nouveaux acquéreurs se porteront sur le marché à des prix plus élevé) et l'offre se raréfiera (des vendeurs potentiels retireront leur offre ou relèveront leur prix de vente). Dès lors, les prix ne peuvent que monter.
   Naturellement, si les anticipations défavorables se répandent au sein de la population des investisseurs, le schéma précédent s'inverse. On le voit, la bourse est une question d'opinion majoritaire sur la valeur future de l'entreprise et donc du titre qui la représente. L'opinion majoritaire change au gré des nouvelles susceptibles d'affecter la valeur future de l'action. Les nouvelles macroéconomiques (la croissance du PIB, l'inflation, les taux d'intérêt...), le comportement de la bourse dans son ensemble ou du secteur auquel appartient l'entreprise, les nouvelles spécifiques à la société (publication de résultats, annonces de la direction...).
   Le comportement de l'opinion majoritaire modèle l'évolution des cours. Si elle évolue de manière continue, les cours suivront un profil assez régulier. Si au contraire, l'opinion majoritaire change brusquement, sous l'influence d'une nouvelle par exemple, le cours subira une marche d'escalier à la hausse ou à la baisse, créant un écart, ou gap, dans les cotations. Dans ce cas de figure, le cours s'ajuste instantanément et non plus de manière continue. Le cas le plus extrême est celui d'une OPA : ici le prix s'aligne immédiatement sur le prix annoncé, et n'en bouge plus, car l'incertitude sur la valeur du titre disparaît complètement.
        Suivre l'opinion majoritaire
   Si nous souhaitons investir efficacement, nous devons nous efforcer de discerner dans quelle direction va, ou va aller, l'opinion majoritaire. Pour ce faire, nous avons une première possibilité qui consiste à nous "renseigner" sur l'entreprise. Nous pouvons par exemple éplucher les documents comptables pour nous faire une idée du passé, nous interroger sur la politique de développement, rencontrer les dirigeants, ou lire un journal qui aura fait ce travail pour nous, bref tenter de nous faire une opinion sur cette fameuse valeur future, qui sera à l'origine de nos plus-values espérées. C'est ce que l'on appelle habituellement "analyse fondamentale".
   Pour quel résultat ? Si les autres investisseurs aboutissent, ou aboutiront plus tard, à la même conclusion que nous, alors le cours du titre doit s'aligner sur celui que nous avons déterminé, au fur et à mesure que notre propre opinion se généralise. Par contre, et là les choses peuvent se gâter, si nous sommes les seuls à anticiper ce prix futur du titre, nous sommes certains qu'il ne sera jamais atteint. Et les choses peuvent tourner vraiment mal si l'opinion majoritaire fixe une valeur du titre inférieure à notre prix d'achat, car alors nous serions en situation de moins-values. Mieux vaut donc adopter une attitude moutonnière et se positionner dans le sens de l'opinion majoritaire. N'entend-t-on pas souvent dire "le marché a toujours raison". Même s'il a tort, suivons-le.
   Comment connaître alors l'opinion majoritaire, et surtout savoir où elle va, puisque c'est elle qui donnera la direction au prix ? Nous pouvons envisager de sonder régulièrement la population des investisseurs et leur demander leur avis sur la société qui nous intéresse. En étudiant la courbe des opinions, nous serions à même d'anticiper les comportements d'achat ou de vente des investisseurs et donc la direction des prix. Mais sonder les investisseurs, chaque mois par exemple, demanderait de gros moyens et une technique que nous n'avons pas. Alors comment faire ? Eh bien analysons les prix eux-mêmes, puisque les prix reflètent l'opinion majoritaire. C'est bien plus simple. Un tableur, doté d'une bonne section graphique, suffit pour faire ce que l'on appelera maintenant de "l'analyse graphique".
   Un graphique est la représentation du prix d'une action sur un intervalle de temps donné. A la lecture du graphique, nous pouvons instantanément repérer le comportement passé du titre. Nous observons des phases montantes, qui se traduisent par des tendances haussières, des phases descendantes matérialisées par des tendances baissières, des phases sans tendance "où rien ne se passe". Quand faut-il détenir des titres ? Evidemment en phase montante. N'importe qui, doté d'un minimum de bons sens, et c'est notre cas, ne voudrait pas détenir de titres en phase descendante. Et, détenir des titres en phase de stagnation n'aurait pas beaucoup d'intérêt car nous recherchons des plus-values en plus des dividendes qui nous sont versés. Nous aurions eu ainsi intérêt à détenir des titres Vivendi Universal, par exemple, de 1983 à 1990, à nous tenir à l'écart de 1990 à 1996, à revenir sur la valeur de 1996 à 2000, et enfin à proscrire absolument ce placement après 2000. Dès lors, quand acheter et quand vendre ?

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