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| | | | Gérer une entrée en position | | | |
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| | | Notre titre, après une période
de recul ou de stagnation sous la résistance, franchit enfin le barrage. Devons nous pour autant verser dans un optimisme débridé et nous précipiter pour "faire le plein" ? Certainement pas. En effet, très souvent, après s'être élevés au-dessus de la résistance, les prix refluent pour revenir toucher à nouveau l'ancienne résistance. C'est ce que l'on appelle le retour, ou phénomème de "pull back" selon la terminologie anglo-saxonne. De fait, l'ancienne résistance franchie change de statut : elle devient support (voir l'exemple d'Iliad avec la résistance B). Ce changement de rôle de la droite est facile à comprendre. La "sortie" a entraîné une hausse des cours, parfois violente. Après le tarissement de cette première vague d'achat, certains investisseurs sont tentés de prendre leurs bénéfices. Il s'ensuit un repli momentané des cours, qui reviennent à des niveaux susceptibles de favoriser une seconde vague d'achats, ceux des "retardataires" heureux de pouvoir disposer d'une seconde chance.
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| Dès lors, quand acheter ? Il est
prudent d'attendre le retour. Autrement nous risquons d'acheter le titre trop haut au-dessus de la résistance, ce qui pourrait être préjudiciable à notre portefeuille en cas de faux signal, toujours possible. Un retour définitif sous la résistance nous exposerait en effet à des pertes en capital, ce que nous voulons éviter. Si nous achetons sur retour, nous payons nos titres
moins cher et pouvons alors nous permettre un retour momentané des prix sous la résistance sans encourir de pertes excessives. La première règle de notre stratégie est donc de ne jamais acheter sur franchissement de résistance, mais d'attendre le retour.
| | | | Ainsi, dans l'exemple d'Iliad,
le franchissement de la résistance B s'est effectué la semaine du 16 septembre 2005 par une clôture hebdomadaire du titre à 38.34, soit 4.7 % au-dessus de la valeur donnée par la résistance B à 36.61 cette semaine-là. Si nous achetons au niveau de clôture, ou plus haut au fur et à mesure que les cours montent, tout retour sur la résistance, voire en-dessous si le franchissement n'était qu'un faux signal, nous met en situation de moins-value, position inconfortable car alors nous ne contrôlerions plus les risques pris : la certitude d'un faux signal s'acquiert par un retour des prix sous la résistance, par exemple 5 % en-dessous, ce qui nous conduirait à une moins value de l'ordre de 10 % en cas de revente des titres sous la droite B, supérieure encore si les titres ont été achetés au-dessus du cours de clôture hebdomadaire. Ainsi la stratégie d'un achat immédiat lors du franchissement de résistance n'est pas la bonne, car elle accroît la prise de risque. En achetant sur retour vers l'ancienne résistance quelques semaines plus tard (six dans l'exemple d'Iliad), nous ne nous exposons plus qu'à une moins value de 5 % si les choses devaient mal tourner.
| | Et si la phase haussière est
trop puissante pour empêcher le retour ? Cette situation se produit parfois : les prix ne reviennent plus toucher l'ancienne résistance. Une belle occasion de gâchée nous dirons nous. Certes, mais la préservation de notre capital est prioritaire sur les perspectives de gain. Et puis gageons que d'autres occasions sur d'autres titres se présenteront sous peu qui nous permettrons d'investir dans des conditions de sécurité acceptables.
| | | | Le signal donné par la sortie de résistance est-il suffisant par lui-même pour que nous nous engagions dans un investissement ? Certainement pas. La bourse étant remplie de pièges, le marché s'obstine à délivrer quantité de faux signaux préjudiciables au bien-fondé de nos décisions. Nous devons donc rechercher d'autres indices qui confirmeront les nouvelles dispositions du titre attendues du franchissement de la résistance.
| | Véolia nous fournit un exemple du problème. Dans la première moitié de 2002, le titre a franchi la résistance partant du sommet de 2001, et s'est maintenu au-dessus pendant quelques semaines, pour finalement retomber. Force est de constater que le titre a manqué d'élan pour s'élever significativement au-delà du seuil et, ce qui au début pouvait s'interpréter comme un pull back, n'a finalement été que le prélude à une spirale baissière qui a fait perdre au titre environ 40 % en quelques semaines.
| | | | Nous pouvons néanmoins nous forger une image plus précise de l'élan du titre sur la période antérieure au franchissement en résumant l'information contenue dans les cours passés par une moyenne mobile. La moyenne mobile n'est rien d'autre qu'un lissage des cours passés sur un nombre donné de périodes. Son calcul est simple : il suffit de faire la moyenne glissante, ou, ce qui est synonyme, la moyenne mobile des valeurs passées du titre. La moyenne mobile est donc un indicateur de tendance, dont l'évolution, à la hausse ou à la baisse, traduit l'orientation du titre en moyenne sur la période considérée : si la moyenne mobile est croissante, le titre peut être considéré comme étant en phase montante et symétriquement, si la moyenne mobile est décroissante, le titre est considéré comme étant en phase descendante. Une moyenne mobile plate signale l'absence de tendance.
| | Quel est le problème donc avec Véolia ? Tout simplement, le franchissement de la résistance s'est effectué alors que la moyenne mobile était en baisse. L'évolution passée du titre, présentant des apparences de retournement, n'a toutefois pas été assez puissante pour inverser l'orientation de la moyenne mobile, qui traduisait la permanence d'une tendance négative sur titre. Dans ces conditions, l'achat de Véolia était à proscrire. Nous définissons ainsi une deuxième règle d'intervention sur le marché : nous nous interdisons l'achat de titres dont la moyenne mobile n'est pas en hausse.
| | | | | | | | Calculer une moyenne mobile | | | |
| | Il existe une multitude de modes de calcul des moyennes mobiles, et une multitude de périodes sur lesquelles elles peuvent être calculées. Nous privilégions pour notre part la moyenne mobile pondérée à 30 semaines, qui nous paraît la plus à même de détecter les changements de tendance à moyen terme des titres. Plus courte, la moyenne mobile est plus volatile et génère par conséquent davantage de faux signaux, et plus longue, elle retarde à l'excès l'indication des changements de tendance. Nous recourons à la technique de la moyenne mobile pondérée, qui accorde davantage de poids aux cours les plus récents, et moins aux cours lointains, pour accroître la sensibilité de la moyenne tout en conservant un lissage satisfaisant des cours (graphique Spir Communication).
| | | | La moyenne mobile simple des cours à 30 semaines est calculée comme suit :
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(C(t)+C(t-1)+C(t-2)+...+C(t-29))/30 avec C(i) le cours du jour i
| | Ce mode de calcul rend toutefois la moyenne mobile plus inerte, ce que corrige la technique de pondération. Le cours de la semaine se voit attribuer le coefficient 30, le cours de la semaine précédente, le coefficient 29 et ainsi de suite, le diviseur étant la somme des coefficients de pondération :
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((30xC(t))+(29xC(t-1))+(28xC(t-2))+...+(1xC(t-29)))/(30+29+28+...+1) avec C(i) le cours du jour i
| | | | | | | | Peut-on acheter sur les supports ? | | | |
| | On l'aura compris, notre stratégie n'est pas d'acheter les titres "au plus bas". Nous ne nous intéressons qu'aux titres ayant prouvé, dans un passé récent, leur capacité à s'apprécier, par franchissement de résistance et dont la moyenne mobile est croissante. De fait, acheter sur un support revient exactement à l'inverse : les titres qui rejoignent un support n'ont prouvé jusqu'alors que leur capacité à se déprécier. Nous achetons ainsi en pleine tendance baissière. Naturellement, la probabilité d'un rebond augmente significativement à l'approche d'un support, mais intervenir dans ces conditions c'est parier sur l'enclenchement d'une tendance haussière à partir d'une simple possibilité de rebond. Or nous ne sommes pas des parieurs, nous sommes des investisseurs qui avons pour première priorité la préservation de notre capital durement acquis, en appuyant nos décisions sur des faits observés (un historique suffisant de hausse), et non pas sur de vagues hypothèses de renversement de tendance au contact d'un support.
| | | | Casino nous fournit des exemples récents de rebonds sur un support. En reliant les sommets du titre de la mi-1992 et du début 1994, nous définissons une droite qui, lorsqu'elle a été touchée, a servi de point de rebond au titre en mars 2003. Même scénario à la fin 2004, où le titre a une nouvelle fois rebondi sur le support, après une baisse tout de même sévère depuis le sommet du début 2004. Circonstances relativement favorables donc pour un achat, mais nous ne pouvons le savoir qu'après coup, et acheter au point de contact du cours et de la droite relève, comme nous l'avons déjà dit, d'un pari. Semblable pari aurait d'ailleurs fini par conduire à de sérieux déboires, car après avoir stagné au voisinage de la droite pendant la seconde moitié de 2005, rendant une éventuelle position parfaitement improductive, le titre a enfoncé le support au début de 2006, transformant l'improductivité en perte.
| | France Télécom nous donne un autre exemple de l'enfoncement d'un support avec des conséquences dévastatrices si nous avions été en position à l'époque. L'existence de ce support est matérialisée par deux points de rebond vers 28.5, l'un en septembre 2001, l'autre en février 2002. Ces points correspondent d'ailleurs aux premiers cours cotés du titre en octobre 1997. L'apparition de ce support témoigne de la réticence du marché à descendre en dessous de ce niveau de référence : beaucoup d'investisseurs considèrent le retour au cours d'introduction comme l'opportunité d'acquérir des titres à un prix intéressant, surtout après une division des cours par 7 depuis le sommet de mars 2000, ce qui déclenche une vague d'achat. Mais malheureusement certains points bas n'en sont pas. De fait, en avril 2002, le barrage s'est rompu, et le titre a poursuivi sa descente aux enfers, entraînant avec lui notre portefeuille si nous avions été actionnaires de France Télécom. Réservons les paris aux spéculateurs, que nous ne sommes pas.
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