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Que la force soit avec toi      
       Comparer un titre et un indice
   Nous avons jusqu'à maintenant défini deux règles d'achat : l'achat sur pull back, après franchissement de résistance accompagné d'une orientation haussière de la moyenne mobile pondérée à 30 semaines. Devons-nous néanmoins acheter tout titre présentant cette configuration ? Certainement pas car nous pourrions nous montrer plus sélectifs encore dans le choix de nos titres. En effet, supposons que nous achetions des valeurs qui aient toutes une performance moins bonne que celle de l'indice. Nous gagnerons certes un peu d'argent, mais notre portefeuille sous performera l'indice et nous nous dirons qu'avec un peu plus de réussite nous aurions profité de meilleures occasions d'investissement. Mais s'agirait-il vraiment de réussite ?
   Nous ne nous interrogeons plus ici sur le comportement propre du titre, mais sur son comportement par rapport à l'indice : dans un passé récent, le titre "a-t-il fait" mieux que l'indice ? Si la réponse est affirmative, alors ce titre peut constituer une bonne opportunité d'investissement car il aura démontré l'intérêt qu'il suscite pour les investisseurs par rapport aux autres titres de la cote. En revanche, si le titre évolue moins favorablement que l'indice, il vaut certainement mieux aller rechercher ailleurs d'autres idées de placement.
   Nous cherchons donc ici à comparer l'évolution du titre qui nous intéresse à celle de l'indice représentatif du marché. Une première solution pourrait consister à représenter simultanément sur un même graphique la valeur et l'indice. Mais, l'information que nous pourrons tirer d'une telle représentation va vite se heurter à un problème d'échelle : la représentation de l'indice CAC40 par exemple, qui vaut environ 5000, et d'un titre qui vaut 10 euros par exemple est un non sens car elle va rendre les deux grandeurs parfaitement illisibles. La solution à ce problème est simple. Dès lors que nous comparons des évolutions, la référence au niveau des grandeurs, les points d'indice pour le CAC et le nombre d'euros pour la valeur, n'est plus une information centrale. Dans ces conditions, on peut ramener, au point de départ de la comparaison, les deux grandeurs à un niveau facilement interprétable, le niveau 100. Exprimées dans la même unité, elles peuvent ainsi être comparées graphiquement.
   Le point de départ pour la comparaison peut être quelconque. Mieux vaut cependant lui donner un sens pour l'analyse, en prenant par exemple un évènement remarquable pour le marché, un pic ou un creux majeur de l'indice. En ce qui concerne l'indice de référence, le dernier point bas majeur remonte au 7 mars 2003. En divisant, d'un côté l'indice par sa propre valeur à cette date, et le titre par sa propre valeur à la même date, nous ramenons à 100 (après multiplication du résultat des deux opérations précédentes par 100), les deux grandeurs au point bas du marché et pouvons comparer leurs évolutions ultérieures. Ainsi, si l'indice atteint 140 à un moment donné, et qu'à ce même instant le titre atteint 150, l'indice aura crû de 40 % depuis le point bas du marché, et la valeur de 50 %. La valeur aura donc un écart avec l'indice de +7.1 % (écart en pourcentage entre 140 et 150). Elle aura donc eu une performance supérieure à celle de l'indice, et se sera finalement avérée être un bon choix pour les investisseurs.
   Passons tout de suite à un cas pratique avec Club Méditerranée et l'indice SBF120. Le 7 mars 2003 en clôture, l'indice SBF120 valait 1810.88. Le 30 décembre 2005, l'indice valait 3399. En divisant l'indice par son niveau du 7 mars 2003, nous lui donnons la valeur 100 (après multiplication par 100) à cette date. Au 30 décembre 2005, l'indice prend la valeur (3399/1810.88)*100, soit 187.71. En procédant de la sorte avec Club Méditerranée, valeur 18.55 au 7 mars 2003, nous lui donnons la valeur 100 à cette date, valeur devenue, au cours de clôture du 30 décembre 2005 à 39.32, (39.32/18.55)*100, soit 211.97. Nous voyons donc que la valeur a "fait mieux" que l'indice sur cette période, 111.97 % contre 87.71 %. En détenant la valeur, nous avons ainsi réalisé un gain supplémentaire de 12.92 % par rapport à la détention de l'indice (écart en pourcentage entre les 211.97 de la valeur et les 187.71 de l'indice). Nous pouvons donc être globalement satisfaits de notre choix de la valeur qui aura été à l'origine d'un gain supplémentaire par rapport à l'indice.
   Ce calcul que nous avons fait à deux dates bien précises, le 7 mars 2003 et le 30 décembre 2005, peut aussi être réalisé sur l'ensemble de la période, en divisant toutes les valeurs, indice et titre, par leur niveau au point de départ. Nous obtenons ainsi pour chaque valeur un graphique continu basé à 100 au 7 mars 2003. En examinant la façon dont évolue l'écart entre ces deux courbes, nous jugeons d'un seul coup d'oeil de la performance de la valeur vis-à-vis de l'indice. Ainsi sur le graphique de Club Méditerranée, nous voyons que l'essentiel des gains supplémentaires sur l'indice a été réalisé jusqu'au début 2005. Par la suite, la valeur s'est mise à stagner en moyenne sur l'année 2005 alors que l'indice a poursuivi sa progression. L'écart entre les deux courbes s'est donc réduit. Nous en déduisons que la valeur a rendu une partie de son avantage sur l'indice, bien inférieur en fin d'année à ce qu'il était en début d'année. Dans ces conditions, il aurait été judicieux de sortir de la valeur dans le courant de 2005, pour replacer les liquidités libérées sur un titre qui, lui, aurait eu une performance supérieure à celle de l'indice.
      La force relative
   Suivre deux courbes en même temps n'est pas chose aisée. Ainsi, il pourrait être utile de ramener l'information essentielle contenue dans ces deux courbes, à savoir leur écart, à une courbe unique. Puisque nous ne nous intéressons qu'à l'évolution de l'écart, ne représentons donc sur le graphique que cet écart, dénommé force relative de la valeur. Nous percevrons ainsi beaucoup plus facilement le rythme d'évolution de la valeur par rapport à l'indice : si la courbe s'élève, l'écart entre la valeur et l'indice s'accroît, ce qui signifie que la valeur monte plus vite que l'indice, et symétriquement, si l'écart décroît, la valeur monte moins vite que l'indice.
   Cette courbe de force relative, calculée donc comme l'écart en pourcentage entre la valeur et l'indice tous deux basés à 100 à une date de départ, montre, dans le cas de Club Méditerranée, que le supplément de performance de la valeur sur l'indice a finalement été acquis en totalité vers la mi-2003. Après son pic, la force relative a fluctué autour d'un niveau moyen voisin de 30, ce qui signifie, qu'en moyenne, la valeur n'a plus gagné par rapport à l'indice. Elle a même perdu tout au long de 2005, l'écart déclinant entre la courbe de la valeur et celle de l'indice, déjà évoqué auparavant, se traduisant plus nettement ici par un recul prononcé de la force relative.
       Utiliser la force relative
   La force relative n'est pas un outil qui délivre des signaux d'achat en tant que tel, et l'on se gardera de prendre position sur un titre au vu de la seule orientation haussière de sa force relative. En effet, supposons qu'un titre soit orienté à la baisse mais que cette baisse soit moins rapide que celle de l'indice. Alors sa force relative s'élèvera. Si nous prenons position sur un tel titre, nous perdrons de l'argent : moins qu'en détenant l'indice, ce qui est un moindre mal, mais nous en perdrons quand même, ce qui est un mal en soi.
   Que la force relative soit positive ou négative n'influe pas sur la prise de décision, et même n'a aucune importance. Ce qui compte c'est l'orientation de la force relative. Une force relative en hausse alors que le titre est aussi en hausse ou en démarrage de tendance haussière fait de cette valeur un bon candidat à l'achat. En revanche, nous n'achèterons pas un titre en hausse dont la force relative est en baisse, car ce titre a toutes les chances d'être moins rentable que l'indice ou qu'un autre titre qui, lui, fera mieux que l'indice.
   Une force relative négative signifie simplement que depuis le point de départ, le point bas du marché le 7 mars 2003 par exemple, la valeur est en retard sur l'indice. Mais ceci ne préjuge pas de l'incapacité du titre à rattraper son retard si la force relative se redresse. De même une force relative positive montre que la valeur a fait mieux que l'indice. Mais elle n'indique pas que cette meilleure performance va se poursuive, comme on l'a vu tout à l'heure avec Club Mediterranée en 2005 : la valeur peut perdre son avance, et acheter un titre au motif que sa force relative est positive au moment où celle-ci bascule à la baisse, c'est être certain de mal démarrer un investissement qui a toutes les chances d'être moins rentable que l'indice ou qu'un autre titre plus dynamique.
   Enfin, le passage du zéro de la force relative n'a pas non plus de signification particulière. Le zéro signifie simplement que depuis le point de départ du calcul, la valeur et l'indice ont eu la même performance (les courbes basées à 100 de l'indice et de la valeur sont au même niveau). Une force relative qui passe du négatif au positif signale que la valeur dégage maintenant un gain par rapport à l'indice depuis le point de départ, et qu'elle a donc comblé son retard. Mais le rattrapage a commencé avant le passage du zéro, au moment où la force relative, encore négative, s'est redressée (graphique Eurazéo). C'est donc bien à ce moment là qu'il convenait de s'intéresser au titre, pas au moment où le titre a déjà comblé son retard sur l'indice.
   Nous avons à plusieurs reprises parlé de force relative en hausse ou en baisse ? Qu'entend-on par-là ? D'une semaine sur l'autre, l'évolution des titres peut être très volatile. Cette volatilité se répercute sur le profil hebdomadaire de la force relative, comme dans l'exemple de Club Méditerranée. Ainsi, une hausse isolée de la force relative dans une phase de baisse, parce que le titre enregistre une irrégularité à la hausse, ne peut pas être le signe d'une amélioration de la force relative (de même une baisse isolée dans une phase de hausse n'est pas le signe d'une détérioration). Nous attendrons donc quelques semaines avant de conclure que la force relative s'est améliorée ou s'est détériorée : nous comparerons le niveau de la force relative à celui observé quelques semaines auparavant en laissant de côté les irrégularités. A l'achat notre choix se portera donc sur les titres dont la force relative est solidement établie en tendance haussière. Nous nous détournerons des autres titres.
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